Linus Pauling et la Vitamine C Par Frédéric Morin

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Le 19 août 1994 disparaissait Linus Pauling, considéré comme l’un des plus grands scientifiques de tous les temps, Prix Nobel de Chimie en 1954 et Prix Nobel de la Paix en 1962. Créateur d’un centre de recherche prestigieux aux Etats Unis, il a écrit plusieurs articles et fait de nombreuses recherches en collaboration avec le Dr Matthias Rath.

À partir des années 1970, Pauling concentre son attention sur les effets bénéfiques pour la santé de l’absorption quotidienne de vitamine C.

Il publie alors l’ouvrage grand public : La vitamine C et le rhume. Il y affirme qu’un apport préventif de vitamine C diminue le risque d’at-traper un rhume et en réduit sa durée et sévérité.

Il publiera également en 1976 une étude démontrant l’aide qu’apporte la vitamine C pour le cancer.

En 1991, il publie avec le Docteur Rath un article s’intitulant : « Le déficit en vitamine C est la cause des maladies cardio-vasculaires ».

Dans la dernière interview accordée au journaliste Thierry Souccar le 14 avril 1994, Linus Pauling déclara :

« J’ai un cancer de la prostate. Ce type de cancer survient généralement avant 70-75 ans, et comme j’en ai 93, je pense que les hautes doses de vitamine C que je prends m’ont fait gagner une vingtaine d’années. Dés 1966, lors d’une conférence, j’avais émis le vœu de vivre 20 ans de plus… »

Linus Carl Pauling est l’une des rares personnalités à avoir reçu deux prix Nobel : le prix Nobel de Chimie en 1954 et celui de la Paix en 1962. Ce fait reflète à lui seul l’étendu des champs d’intérêt de ce scientifique qui donna naissance, tout au long de sa vie, à prés de 350 publications sur des sujets variés : structure des cristaux et des protéines, ferromagnétisme, nature des liaisons chimiques, propriétés de l’hémoglobine, etc.

Né le 28 février 1901 à Portland, dans l’Oregon, Linus Carl Pauling commence ses études au collège agricole de l’Etat de l’Orégon, à Corvallis, dont il ressort diplômé en juin 1922. Il part alors pour le California Institute of Technology (Caltech) de Pasadena où il décroche un doctorat en chimie en 1925. Marié et père d’un petit garçon, Pauling passe les deux années qui suivent dans des laboratoires européens, à Munich, Copenhague, Zurich et Londres. Il y rencontre notamment les physiciens Niels Bohr et Erwin Schrödinger. En 1927, de retour aux Etats-Unis, il entame une carrière de professeur de chimie théorique au Caltech auquel il restera attaché jusqu’en 1963.

Cette année-là, récompensé depuis peu par le prix Nobel de la Paix pour son engagement contre l’arme atomique - il présenta en 1958 aux Nations-Unies une pétition contre les essais nucléaires signée par plus de 11 000 scientifiques - , Pauling rejoint le Center for the Study of Democratic Institutions de Santa Barbara (Californie), afin d’y défendre ses idées politiques. Au cours de la décennie suivante, on le retrouve également comme enseignant à l’université de Californie de San Diego et à l’université Stanford.

En 1973, il est nommé directeur du Pauling Institute of Science and Medecine où il travaillera jusqu’à la fin de sa vie.

Les premiers travaux de Pauling sont notamment consacrés à la nature de la liaison chimique. Il rédige ainsi en 1931 sa publication la plus célèbre : The Nature of the chemical bond. Dans cet ouvrage et le suivant (Introduction to quantum mechanics, 1935), Pauling utilise les principes de la mécanique quantique pour expliquer la structure des molécules ; il s’intéresse également à l’électronégativité des atomes et à la polarisation des liaisons chimiques.

Puis, dans les années 40, Pauling va appliquer son savoir à la compréhension des systèmes biologiques, ce qui lui vaudra de recevoir son premier prix Nobel, en chimie, en 1954. Il étudie particulièrement les protéines et les aminoacides qui les composent. Il élabore ainsi deux modèles de structure secondaire pour des chaînes polypeptidiques : le feuillet b et l’hélice a. Cette dernière configuration inspirera les recherches sur l’ADN des biochimistes James Watson et Francis Crick. Par ailleurs, ses travaux sur le sang le conduisent à décrire en 1949 une anomalie de la structure moléculaire de l’hémoglobine responsable d’une maladie héréditaire, la drépanocytose (ou anémie falciforme).

A partir des années 1970, Pauling concentre son attention sur les effets bénéfiques pour la santé de l’absorption quotidienne de vitamine C. Les livres qu’il publie alors (Vitamine C and the common cold, 1970, Cancer and vitamine C, 1979, How to live longer and feel better, 1986) le rendent célèbre auprès du grand public, malgré les controverses que provoquent ses théories dans le milieu scientifique.

Au final, Linus Carl Pauling laisse une oeuvre riche, diversifiée et globalement reconnue comme l’une des plus importantes du XXe.